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La Dyspraxie: (McDD)
Trouble de
coordination, de planification
et de production motrice.
La dyspraxie est un trouble de la
coordination, de l’organisation et de l’exécution motrice qui est d’origine
neurologique et qui est présent dès la naissance. Ce trouble s’explique par une
immaturité de la région du cerveau qui orchestre la séquence de mouvements
nécessaire afin d’accomplir un acte moteur. Par contre, jusqu’à présent, la
cause exacte de cette condition n’a pas pu être identifiée.
La dyspraxie n’est pas un trouble
d’origine musculaire (l’appareil musculaire fonctionne normalement). De plus,
elle n’est pas un trouble d’ordre intellectuel. Au contraire, les individus qui
sont aux prises avec ce trouble (enfants et adultes) ont généralement de très
bonnes capacités de compréhension et de raisonnement, et ce tant sur le plan
verbal que nonverbal. Ils peuvent clairement expliquer le but qu’ils veulent
atteindre (p. ex., je veux faire de la bicyclette, attacher mes lacets) ainsi
que de la façon dont ils doivent s’y prendre (c.à.d., décrire la séquence de
mouvements qu’ils doivent produire).
Les études nous permettrent d’estimer qu’environ
10% de la population est affectée par ce trouble. Ceci implique que,
statistiquement, trois enfants sur une classe de 30 seraient aux prises avec
cette condition. En fait, parce que la dyspraxie est un réel handicap qui peut
sévèrement perturber le rendement académique et les habiletés athlétiques, elle
est une cause importante de troubles d’apprentissage, et ce tout au long de la
vie. Il est donc important de bien comprendre ce trouble afin de permettre une
identification précoce et mettre en place des interventions adaptées et
efficaces.
Les deux types
principaux de dyspraxie
La dyspraxie orale implique un trouble
de la coordination des muscles de la langue, des lèvres, de la mâchoire et du
palais afin de programmer une séquence de mouvements articulatoires qui permet
de transformer les sons en mots. Ces troubles se manifestent surtout par 1) un
retard de la production du langage, 2) des mots mal articulés et un langage qui
n’est pas clair, et 3) de la difficulté à contrôler le débit et l’intensité de
la parole. Cependant, il ne faut pas confondre ce trouble avec une dysphasie
même si celle-ci peut l’accompagner. L’individu comprend très bien le langage,
il sait ce qu’il veut dire et il sait de quelle façon l’exprimer. Il est
également important de ne pas prendre ce trouble pour une dysarthrie (l’ensemble
musculaire bucco-facial ne souffre d’aucune faiblesse ou de paralysie).
La dyspraxie motrice pour sa part
implique un trouble de la coordination des muscles et des articulations (p. ex.,
des bras, poignets, doigts, hanches, jambes, chevilles) afin d’enchaîner une
séquence de mouvements et de gestes qui permettent d’arriver au but escompté (p.
ex., natation, bicyclette, monter des escaliers). La dyspraxie motrice implique
également un problème d’intégration de l’information visuo-spatiale avec la
séquence motrice. Donc, les gestes et les mouvements du corps ne sont pas
toujours appropriés au contexte. Dans la sphère des dyspraxies motrices, nous
retrouvons également la dysgraphie (trouble de la coordination des mouvements
des doigts impliqués dans la production graphique des lettres et chiffres et
dans le dessin) et la dyspraxie de construction (trouble lors de l’assemblage ou
de la mise en relation des parties d’un objet afin de former une unité cohérente
comme lors de modèles à coller ou de meubles à assembler).
Les difficultés
causées par la dyspraxie motrice
À l’âge pré-scolaire:
- retard au
niveau des jalons moteurs (se rouler, s’asseoir, se lever, marcher)-
problèmes d’équilibre- difficultés à courir, sauter, lancer ou attraper une
balle, faire de la corde à danser- monter et descendre les escaliers-
difficultés à s’habiller - tomber fréquemment- tient mal le crayon-
difficultés avec les ustensiles- difficultés à faire des casse-tête ou jouer
avec des blocs (jeux de construction) - difficultés avec le découpage et les
bricolages
L’enfant d’âge scolaire:
- les mêmes
difficultés que l’enfant d’âge pré-scolaire, avec peu ou pas d’amélioration-
difficultés à copier les informations du tableau- l’écriture et le dessin
sont laborieux et immatures- difficultés à organiser son sac d’école, à
faire son lit - difficultés en mathématique et géométrie (surtout avec
l’utilisation de certains outils comme une règle, un compas ou un rapporteur
d’angle) - difficultés lors du cours d’éducation physique et d’activités
sportives (bicyclette, natation)- difficultés lors d’activités artistiques (peinture,
danse…) et lors de la couture.
L’enfant d’âge scolaire:
- difficultés
à se raser, se maquiller, se coiffer
- tâches ménagères comme le
repassage, utiliser un ouvre boite, plier les vêtements
- jouer à des instruments de
musique
- faire de la menuiserie, éplucher
des légumes
La dyspraxie et l’estime
de soi
La dyspraxie a souvent un impact très
néfaste sur le développement de l’estime de soi. Parce que les habiletés
athlétiques sont grandement valorisées en âge scolaire, l’enfant dyspraxique se
fait souvent rejeter. Il a un grand sentiment d’être incompétent dans presque
tout ce qu’il fait et il croit qu’il ne peut rien faire comme les autres.
Ensemble, ceci fait en sorte qu’il a tendance à éviter les activités de groupe,
se retirer et se replier sur lui-même et parfois même sombrer vers la dépression.
Autres troubles
associés
Plusieurs troubles neuropsychologiques
se retrouvent également chez certains dyspraxiques (la présence de ceux-ci varie
grandement d’un individu à l’autre, ce qui souligne l’importance d’une
évaluation neuropsychologique plus approfondie). Ces troubles incluent:
- troubles de
mémoire à court-terme verbale et nonverbale - déficit de l’attention (avec
ou sans hyper-activité)- difficultés d’analyse séquentielle - troubles
exécutifs (planification, organisation)
- troubles conceptuels- troubles
visuo-perceptifs
La dyspraxie peut également être une composante d’un plus grand syndrome<
- Syndrome des dysfonctions
nonverbales
- Asperger
- Autisme
Si on soupçonne que l’enfant puisse
avoir un trouble d’apprentissage relié à une dyspraxie, la première démarche à
suivre est d’obtenir une évaluation complète en neuropsychologie. Dans un
premier lieu, ceci permet de préciser la nature et l’origine des difficultés.
Par la suite, le professionnel saura orienter de façon appropriée les
interventions.
Pour plus d’informations
et de ressources vous pouvez également consulter les sites suivants:
www.dyspraxiaireland.com
www.dyspraxia.org.nz
www.dyspraxiafoundation.org.uk
Finalement, il ne faut surtout pas
oublier de travailler sur l’estime de soi.
source:
http://www.centam.ca/dypraxie.htm
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